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Nébuleuse muséographique locale, initiée dans le cadre de la décentralisation des équipements culturels nationaux, le MuCEM nécessitait un centre logistique associé. Implanté sur le site de la Belle de Mai à l’extrémité Est du périmètre d’Euroméditerranée I, il représente pour l’agence un projet emblématique de ses préoccupations actuelles en matière d’architecture et d’insertion urbaine.

Comme le musée à usage d’exposition publique, sa surface utile est de 13 000 m2. Le hasard a voulu qu’il se développe sur une même base carrée de 72 m x 72 m. Son originalité urbaine est d’entamer par l’angle Sud-Est la réhabilitation du site des casernes de la Belle de Mai ; de la même façon que les Archives Municipales avaient, quelques années plus tôt, initié la réhabilitaion du site de la manufacture des tabacs. À la seule différence que dans le cas du Centre de Concervation et de Ressources du MuCEM, il s’agissait d’une réutilisation de bâtiment industriel, et dans l’autre d’une réhabilitation d’un site mité par des implantations qui se sont égrénées au cours du XXe siècle. Autre fil conducteur, la voie ferrée en tranchée qui passe sous le parvis des Archives Départementales, se retrouve border le site à l’Est. Ironie d’un réseau topologique qui lie par une voie ferrée deux sites consacrés aux archives, l’un dédié à la conservation du papier, l’autre au stockage d’objets produits par une civilisation, la nôtre. Dans les deux cas, un cénotaphe architectural prend corps pour magnifier la mémoire des hommes. Somme dérisoire d’un geste ultime vers l’éternité.

Produit par l’agence quelques années après les Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, le Centre de Conservation et de Ressources du MuCEM se présente comme un grand monolithe, qui prend son inspiration dans l’œuvre du sculpteur basque espagnol Eduardo Chillida. Une masse brute, grise brune, taillée par des plans dont l’immaculée blancheur lisse vient révéler la composition, grâce à l’intensité de la lumière méditerranéenne. Rien de plus que ce parti affirmé pour un nouveau container à mémoire.

Un projet difficile dans la mesure où sa construction souligne un changement d’époque, contraignant le maître d’œuvre et ses partenaire à une gymnastique nouvelle : à passer d’un marché de maîtrise d’œuvre traditionnel à un marché de partenariat public privé au milieu des études du projet. Toujours intéressée par de nouvelles expériences, l’agence relève le défi et grâce à la qualité de ses nouveaux partenaires, elle maintient le projet sur les rails pour l’aboutir dans les meilleures conditions.

Les collections qui y seront conservées sont issues du Musée des Arts et Traditions Populaires. Elles s’intéresseront par la suite plus spécifiquement aux civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Inventaire digne de Prévert, les pièces sont d’un hétéroclisme dense et vont de l’armoire normande à la barque de pêcheur breton, en passant par l’orgue limonaire de foire jusqu’aux escarpins de la regrettée Mistinguette. A l’inverse des archives départementales, positionnées pour la plupart en magasin de volumes identiques, les surfaces et volumes réservés au stockage sont très diversifiés et tiennent compte de la diversité des oeuvres stockées pour optimier leur gestion. Un bel exercice de rangement…

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