« Dans le mot écoquartier, c’est le mot quartier qui a son importance car il s’agit d’une conception globale et transversale qui croise l’énergie, la biodiversité, les déplacements et le lien social. C’est en cela que Ginko incarne un quartier innovant » conclut Franck Potier, directeur de l’aménagement de Bouygues Immobilier.

 

Origine de la commande :

 En 1958, Jaques Chaban-Delmas fait acquérir par la municipalité 1000 ha de marais au nord de la commune afin de rééquilibrer au nord son territoire en ménageant la nature en ville et en ménageant la ville dans la nature. Le drapage d’un lac artificiel de 160 ha ayant permis l’assainissement et le rehaussement des sols de 3 mètres, trois zones sont respectivement affectées à la foire internationale (115 ha) au nord, aux sports et aux loisirs au nord-est, à l’habitation au sud (137 ha). Malgré quelques bureaux, un centre commerciale régional et un parc d’activités, ce nouveau quartier est demeuré excentré et peu attractif. Quatre décennies plus tard, la mairie et la communauté urbaine de Bordeaux agissent de concert pour réactiver les quartiers nord qui recevront bientôt le stade conçu par Herzog & De Meuron. Leur réurbanisation va concourir à relier le Lac à la Garonne ou le nouveau pont connecte deux rives. Sur les berges du Lac, Ginko constitue un écoquartier, desservi par trois stations de tramway, ou vivront ensemble, dès 2017, 6000 habitants et 2000 salariés.

 

Une implantation au plus proche de la nature :

Omniprésentes, la nature et l’eau y instituent un poumon vert et un fil conceptuel retissant du lien social :

  • Au sud un parc de 4,5 ha labellisé espace vert écologique (EVE) épouse la clairière de Lauzun pour fédérer des logements sociaux existants à la nouvelle extension urbaine.
  • En lisière méridionale de cette dernière, cinq bassins oxygénant en cascades scénarisent le site : la berge-promenade septentrionale absorbe le niveau de plains-pieds des parkings qui tiennent lieu d’assise à une alternance de maison individuelles groupées et de petits immeubles d’habitation dont l’amphithéâtre naturel en vis-à-vis permet d’apprécier la subtilité du paysagement.
  • Plantés aux côtés des 150 pins maritimes et saules originels, 310 ginkos, merisiers, érables champêtres français, noisetiers, frênes, chênes… ainsi que 18000 arbustes et plantes concourent à la sensation de couture verte que renforceront des jardins familiaux partagés par les résidents de Ginko et des Aubiers.

D’ores et déjà, une pénétrante végétale s’immisce entre les futurs îlots bâtis jusqu’à la grande place canal qui structure la première phase livrée tout recémentent.

 

Distribution du lieu :

Ici, la mixité a été érigée en fondement conceptuel. Elle y sera sociale, leurs occupants en seront pour moitié locataires ou propriétaires. Une conciergerie solidaire proposera différents services de proximité : dépôts de pain, de journaux, de colis mais aussi de fruits et légumes…

« Il n’existe pas qu’une proximité mais des échelles de proximité qui fonctionnent simultanément » précise Christian Devillers. Six kilomètres de pistes cyclables ainsi que des venelles irrigueront le quartier de circulations douces, mettant chacun à moins de 500 mètres d’une station de tramway.

 

Architecture :

Le principe d’îlot ouvert retenu entremêle astucieusement logements individuels, intermédiaires et collectifs. Afin de limiter l’excavation au regard de la nappe phréatique, la règle suggère qu’un des deux niveaux de parking soit en superstructure ; son plancher supérieur traité en dalle plantée et arborée accueille de la sorte, en cœur de parcelle, les maisons distribuées par des squares tandis que les immeubles R+4 à R+9 en ponctuent « aléatoirement » le pourtour, les rez-de-chaussée sur rues hébergeant commerces et locaux d’activités. Plus d’une vingtaine d’architectes ont imaginés des déclinaisons variées de sorte à garantir une tonique diversité architecturale et urbaine. La répartition, la typologie et le coût des logements permettent de faire tout son parcours résidentiel dans le quartier qui disposera de commerce et équipement adaptés à chaque génération.

Au-delà de l’architecture bioclimatique innervées par des circulations douces, la dimension durable revendiquée par l’opération se concrétise aussi au travers d’une gestion économe de l’eau de pluie au travers des multiples aménagements paysagers et des toitures-terrasses végétalisées, d’un réseau de chaleur centralisé grâce à une chaufferie biomasse fonctionnant aux bois et huiles originaires de la région, d’une consommation énergétique réduite et d’une collecte sélective des ordures encadrées par des conseillers Médiaterre. L’authenticité éthique des matériaux est poussée jusqu’aux traitements des trottoirs en cale d’argile fabriquées au Barp et granit du Tram.

Information

  • livraison
    2014
  • localisation
    Bordeaux (33)
  • coût prévisionnel
    10,5 M€ HT
  • surface utile totale
    8450 m2

maîtrise d’ouvrage

  • Bouygues immobilier

maîtrise d’oeuvre associée

  • R2M économie
  • Oasis HQE

crédits photographies

  • Mathieu Kalei